Quand le handicap devient une richesse pour les autres.

 

L’association « Les jeunes handicapés » s’implique depuis bientôt 60 ans dans l’accueil de personnes en situation de handicap. Parmi les établissement gérés par l’association, un ESAT (établissement et services d’aide par le travail) a développé plusieurs activités agricoles, industrielles et de services au profit de près de 200 travailleurs handicapés.

La cave coopérative de Peyssies a été reprise il y a quelques années par l’ESAT des quatre saisons du Bois de la Pierre. Entourés par des encadrants techniques ou éducatifs, une équipe dévolue, composée de personnes dont on dit qu’elles sont différentes, travaillent à l’atelier viticulture et viniculture. Ce jeudi 29 septembre, elles étaient à l’honneur pour mettre en évidence leur travail et leurs efforts.

Nul doute qu’ils étaient fiers de montrer leur savoir faire durant cette journée qui leur était consacrée. Prévenants, nos guides d’un jour s’assuraient que tout allait bien et prenaient plaisir à échanger sur leur rôle respectif à la cave.

La cave de Peyssies joue un rôle social très important. Si elle permet à des handicapés de s’intégrer par le travail au sein d’un territoire, elle contribue largement au maintien de la tradition de la vigne dans le Volvestre qui date du temps des romains, grands spécialistes dans ce domaine. D’autre part, elle permet à de nombreux agriculteurs de pouvoir venir porter leur récolte à la dernière cave coopérative du territoire, celle de Lavelanet de Comminges ayant fermée ses portes il y a déjà quelques années.

Durant leurs discours Denis Turrel et le directeur de l’ESAT aimaient à dire que les personnes handicapées enrichissaient ce territoire et se nourrissaient de ces richesses. Les responsables ont souhaité donner une orientation forte à ce projet qui est un espace de vie pour des personnes différentes qui peuvent s’épanouir sur ce beau terroir du Volvestre. Cet atelier de viticulture et de viniculture, qui permet avant tout de garder cette cave active, veut travailler autrement comme disait le directeur technique. « Ôtrement », c’est d’ailleurs le nom qui a été donné au vin issu de ces chais.

Cet « Ôtrement » a d’ailleurs été repris par le responsable œnologue. Venu pour rester 3 ans, il est encore là 10 ans après et n’a visiblement pas l’intention de faire faux bon. De nouveaux cépages ont été plantés, la technique a été améliorée très sensiblement et un nouvel état d’esprit a suivi. Il a consisté à faire les choses « qu’on savait faire », d’une « manière différente » et surtout « ne pas faire ce que font déjà les autres ». La réussite est passée par là.

Le reste est dit par Françoise Duthil, responsable de la commercialisation du vin :

« Pour la première année, nous serons à la fois récoltant mais aussi vinificateur. Avec 20ha de vignes et surtout, la reprise de la cave de Peyssies, nous avons l’audace de produire un vin « 100% terrasse de Garonne » avec des personnes en situation de handicap. C’est une formidable aventure humaine et un réel défi. C’est aussi une histoire de terroir et de territoire qu’il convient de mettre en lumière. Donner une résonance médiatique à cet évènement ne relève pas d’une simple opportunité commerciale. Il s’agit aussi de mettre en évidence le travail et les efforts des personnes handicapées mentales et psychique. »

Rappelons que les handicapés participent à toute la chaine du vin, de la récolte jusqu’au contact avec le client pour la vente.

Après dégustation des vins qui permit de constater la qualité des blancs et des rouges, un repas fut servi aux nombreux invités qui avaient fait le déplacement. Bien entendu, pour les boissons ….

Après avoir bu avec modération, on peut décerner sans hésitation une mention spéciale à la cuvée « Passion » d’Ôtrement. La qualité de ce vin en surprendrait plus d’un surtout avec une dégustation à l’aveugle. Surprise garantie…