Les « Nuit Debout » qui ne veulent plus se coucher.

L’immédiateté de l’actualité a placé le phénomène « Nuit Debout » au second plan. On ne parle plus dans les médias que d’un seul syndicat, au drapeau rouge et aux trois lettres flamboyantes, lancé dans une lutte sans merci. Tout le monde a cependant oublié que ce sont les étudiants et les « Nuit Debout » qui sont à l’origine du mouvement. Mais il y a les vérités du moment…

Loin de l’agitation médiatique et loin de baisser les bras, les « Nuit Debout » continuent ce travail de fourmi, travail difficile, travail parfois gratifiant parfois désespérant. Des assemblées générales citoyennes qui fonctionnent plus ou moins bien selon les soirées. Ils cherchent des voies nouvelles pour mieux communiquer et tenter de toucher des sensibilités hors de leur portée actuellement. Ils se veulent un laboratoire d’idées tant sur le fond que sur les formes.

Phénomène urbain au départ, Cazères a montré que cela était possible dans le monde rural. Moins nombreux, il faut donc être plus efficace.

Alors, à force de réfléchir, nos « Nuit Debout » locaux ont eu l’idée de se réunir, de créer une « Nuit Debout Volvestre » qui se regrouperait avec Cazères. Aussitôt dit, aussitôt fait. Les informaticiens créent un site indispensable pour se reconnaître, se relier. Les rassemblements auront lieu tous les vendredis soir à Cazères et tous les samedis à 13 heures à Montesquieu Volvestre sous la halle. Un choix du village symbolique, si l’on en croit certains, compte tenu du fait que le maire du village est la personnalité la plus importante du territoire, étant également député et président de la communauté des communes du Volvestre.

On a d ‘abord mangé un repas « sorti du panier », moment de partage pour mieux faire connaissance. On sent aussitôt une empathie s’installer. Là il n’y a pas de violent, là il n’y a pas de casseur. Ici, nous avons des utopistes qui rêvent d’un monde meilleur, qui réfléchissent à quoi il pourrait ressembler et comment y parvenir. Ici, il y a des gens qui ne croient plus à la représentativité des partis politiques et des élus. Ils sont las d’une démocratie à la dérive.

Cette première assemblée citoyenne s’est donc tenue comme le veut le rituel généralement admis. C’est Vincent qui a présenté le projet. Il a d’abord été question de distribuer les tâches pour permettre un débat serein et apaisé. Il y a le distributeur de paroles, l’animateur/facilitateur, le maitre du temps, l’oreille attentive et le secrétaire qui note tout afin de faire le compte rendu détaillé.

On s’écoute, on se parle et certains auraient beaucoup à apprendre d’un tel fonctionnement. Là on ne s’insulte pas, là on ne siffle pas, là on ne dort pas, là on ne coupe pas la parole. Ici on respecte celui qui a une idée différente.

Sur le site nouvellement ouvert des « Nuit Debout du Volvestre » on pouvait lire le commentaire suivant à propos de cette première assemblée citoyenne de Montesquieu :

« Pour une première ce fut un succès.Nous nous sommes retrouvés à 25 personnes au plus fort de la rencontre. La rencontre a démarré à 13h et s’est terminée à 16h. Nous avons croisé les Gendarmes 5 fois autour de la halle. (On sent bien que les autorités nous surveillent de près)

Cela ne nous a pas empêchés, timidement au début, puis de façon plus passionnée, d’ouvrir des débats et des discussions de fond sur ce qui touche les gens au quotidien. Cela nous a permis aussi de mieux se connaître et nous a donné un sentiment d’union qui fait la force. J’espère que les prochaines rencontres connaîtront le même succès sinon plus. »

 

Ils se sont donné rendez vous samedi prochain, même heure, même endroit, espérant être encore plus nombreux à chaque fois. Et si un jour, ils avaient raison….