Instruit par de sanglantes défaites, Charles V, dans ses ordonnances de 1369, commanda ses sujets d’imiter leurs ennemis en s’exerçant au tir à l’arc et à l’arbalète. Le jeu est resté à l’honneur au Nord et au Sud de la France. Les joueurs prirent pour cible un oiseau de carton, puis de bois, placé au bout d’une perche qu’ils appelèrent Papogay.
La légende a été créée et écrite en hommage à la Tradition du
Papogay par Jules Ponsolle, Poète et Félibre gascon, pour la Félibrée de 1958 qui cette année-là se déroulait à Rieux-Volvestre. La Félibrée était alors la fête annuelle de L’Escolo Deras Pireneos.
« … Le diable hantait la contrée. Il se changeait en ce qu’il voulait dans le but de séduire une jolie princesse, fille du maître de la cité. Le seigneur, craignant de voir son enfant ensorcelée, ordonna que l’on fasse la chasse au démon, promettant à qui le
tuerait son trésor et la jeune personne. C’était un premier dimanche de mai : Satan s’était changé en « Papegay » (perroquet). Les gens de la ville, armés d’outils et d’arcs le cherchaient dans toute la campagne. Avec la grâce de Saint-Sébastien, patron des archers, un jeune « pastorèl » (berger) nommé Tantiro, épris de la fille du seigneur transperça l’oiseau maléfique d’une flèche, gagnant ainsi le titre de « Rei » de Rius et le cœur de la « tendre et blanche personne ».
En 2016, les fêtes auront lieu du vendredi 29 au dimanche 01 mai. Derrière l’écusson de la
Compagnie on compte environ 230 archers adultes (Sur liste…) de 18 à presque plus de dents, 50 moyens de 13 à 17 ans, 40 petits âgés de 6 à 12 ans. Trois jours de retrouvailles familiales, sentimentales et amicales dans le respect et la transmission des savoirs. Jeunes et moins jeunes prépareront leurs armes artisanales à partir du samedi 20 février de 09h30 à midi et ce tous les samedis, ou lors de la première nocturne le vendredi 26 à partir de 19h30 au parc des Jacobins.

Le temps, parfois pluvieux, mais d’année en année plus âgé, prend la pause à Rieux-Volvestre chaque premier dimanche de mai. Qu’importe car c’est bien de la chaleur humaine qui se dégage de ce lieu magnifique!  Ce village, bien que très beau le reste de l’année, prend pendant 3 jours sa couleur jaune et vert, mélangée à la blancheur des chemises (En journée…) et le noir des bérets. Toutes ces couleurs seraient ternes sans le travail des couturières, sans ces mains habiles qui courent sur un bout de tissu pour en faire un costume historique. Plus que tout le monde, elles sont bien conscientes qu’une tradition ne tient qu’à un fil… Léon Pascaly, félibre Rivois disait : « … Avec quel goût exquis de vos fines menottes, vous mîtes en valeur ces robes si vieillottes… »

Après le fil à coudre vient le
câble de démarrage, pour les chirurgiens de la mécanique qui après un court hivernage redonnent vie aux chars lumineux et sonores, bref : majestueux ! Ils trouveront leurs places dans les défilés du samedi et dimanche parmi les archers ou encore celui du samedi soir, pour le spectacle nocturne…
Le Papagai, ès un auseth un còp bandat que canta mai. Le Papagai ès una hèsta on se fa gran rambalh. Adishatz monde e la companhia !

Propos recueillis auprès de Frantz Milhorat