Les éleveurs de volailles n’ont plus aucune visibilité après avril ou mai 2016

 

C’est un véritable tsunami qui s’est abattu sur les épaules des éleveurs de volailles. Nous sommes allés à la rencontre de l’un d’eux implanté dans le Volvestre. Il n’a pas souhaité s’identifier et apparaître au grand jour. Une forme de pudeur et de désarroi dans ces moment difficiles.

Quelle est la situation réelle actuelle ?

Actuellement je travaille avec une autorisation valable seulement 15 jours. Il est donc difficile de se projeter dans l’avenir car le couperet peut tomber à tout moment si cette autorisation n’est pas reconduite.

Mon exploitation produit en temps normal entre 2000 et 2500 volailles par mois. Sauf exceptions locales, je ne vends qu’à des professionnels ou des grossistes. Depuis la crise, je ne peux livrer que dans le département de la Haute Garonne et dans l’Ariège. Si on peut mesurer l’impact des mesures gouvernementales, on ne peut mesurer celui des consommateurs. Si les consommateurs boudent les produits en cours d’élevage ce sera la catastrophe.

En revanche, je n’ai pu recevoir les 800 canetons que je devais faire grandir pour être livré après les mois d’avril-mai. Il y aura un trou à la vente et je n’ai à ce jour aucune date de reprise possible.

On a du tout désinfecter et chaque fois qu’un client rentre dans l’exploitation on doit procéder à des mesures de désinfection drastique. C’est très fastidieux mais nécessaire semble-t-il.

Toutes les volailles sont-elles concernées ?

La filière canards est complètement arrêtée. Ces animaux sont porteurs sains et c’est cela qui pose problème. Pour l’instant comme je vous le disais, on ne sait rien pour la suite. En revanche, je peux rentrer des poussins pour faire des poulets. Je me sers dans le Gers. Je peux dire qu’en théorie j’ai une activité normale dans cette catégorie nonobstant le fait du comportement des consommateurs.

Peut-on chiffrer un préjudice vous concernant ?

C’est très difficile car on ne sait pas pour la suite des choses. Si je tiens compte de la seule perte des 800 canetons que je n’ai pu rentrer et que je ne pourrai donc vendre le préjudice est de 15000 euros environ. Le trou à la vente va se produire vers le mois d’avril mai 2016. A partir de là si les choses ne se débloquent la situation deviendra très critique comme je vous l’ai déjà dit.

Je profites pour dire aux consommateurs que la grippe aviaire est sans aucun danger pour les humains. Ils peuvent consommer des volailles sans aucun risque. C’est d’ailleurs le seul moyen de nous aider : Continuez à consommer comme avant le début de la crise.